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Illustration générique temporaire de Chez Slug, montrant des notes et curiosités de fantasy sur une table de taverne.

Chez Slug

Rapport d’assurance après le souffle du dragon

Un expert doit décider si la destruction d’une auberge par un dragon invité relève du sinistre, de la guerre ou des risques ordinaires du commerce.

19 septembre 2026humour fantasyfaux documentauberge

Chronique prête à jouer

Dossier 47-B : Auberge de la Marmite Fendue

Nature déclarée du sinistre : destruction partielle par souffle draconique.

Établissement concerné : salle commune, cuisine, deux chambres du premier étage et une enseigne représentant une marmite qui, contrairement au bâtiment, demeure intacte.

Déclarant : maître Odran Velle, aubergiste.

Témoin principal : dame Serise, dragonne de cuivre, cliente enregistrée sous le nom de « Serise, une personne et demie pour le couchage ».

Après examen des lieux, il apparaît que le feu a pris naissance près de la cheminée, s’est propagé contre le vent et a traversé trois murs dont deux étaient porteurs et le troisième simplement très attaché à l’endroit où il se trouvait.

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Circonstances

La dragonne est entrée dans l’établissement à la demande de quatre aventuriers qui souhaitaient « discuter au chaud ». Le patron a accepté, sous réserve qu’elle ne bloque pas la sortie et commande au moins une consommation.

À vingt-deux heures treize, un débat a commencé sur la propriété d’une couronne trouvée dans un tombeau. À vingt-deux heures dix-sept, un aventurier a employé l’expression « il faudra me passer sur le corps ». Dame Serise a expliqué qu’elle avait compris cette phrase comme une invitation à une démonstration de force. Elle reconnaît avoir soufflé, mais précise avoir visé au-dessus de la table par courtoisie.

Cette courtoisie explique probablement pourquoi la table est encore visible sous les décombres.

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Question de garantie

Le contrat couvre les incendies accidentels, les attaques de monstres et les dommages causés par la clientèle. Il exclut les actes de guerre, les éruptions volcaniques et « toute manifestation draconique liée à l’activité habituelle de l’assuré ».

Trois interprétations sont donc possibles.

Premièrement, dame Serise est un monstre. Cette qualification déclenche la garantie, mais elle a produit une facture, laissé un pourboire et demandé une chambre calme côté cour. Le service juridique estime qu’un monstre qui réserve devient juridiquement une cliente jusqu’au moment précis où il mange quelqu’un. Personne n’ayant été mangé, cette voie paraît fragile.

Deuxièmement, il s’agit d’un acte de guerre. Aucun royaume n’a cependant revendiqué l’incendie. L’aventurier dont la cape porte un blason assure représenter « surtout lui-même », ce qui ne constitue pas une puissance belligérante reconnue, malgré son assurance sur ce point.

Troisièmement, accueillir un dragon est une activité commerciale normale pour une auberge située sur la route des héros. Le déclarant conteste vivement cette analyse. Il produit dix-sept années de registres montrant qu’avant mardi, aucun client n’avait jamais mesuré plus de douze mètres du museau à la queue.

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Conclusion provisoire

Le sinistre sera couvert au titre des dommages causés par la clientèle, déduction faite de la cheminée, déjà fendue avant l’incident, et de la chope que maître Odran reconnaît avoir lancée lui-même.

Une franchise supplémentaire ne sera pas appliquée : la dragonne avait été invitée, certes, mais sans mention explicite de son souffle sur le registre de réservation.

Pour les prochains séjours, l’établissement devra ajouter une case « respiration spéciale » entre « écurie nécessaire » et « allergie aux plumes ». Le formulaire révisé prévoit six options, dont feu, froid, foudre et « autre, préciser la portée ».

Le dossier reste ouvert jusqu’à réception de la signature de dame Serise. Une feuille de cuivre de format réglementaire lui a été adressée.

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